7° LES CLASSES
   
Le peloton d’instruction va faire ses classes sous la responsabilité du Maréchal des Logis Chef Joncour et du Brigadier Chef.
Une instruction de base distillée avec une vigilance presque paternelle.

Le Maréchal des Logis Chef Joncour sera, en 1957, muté en Algérie.

Au programme :

Equitation, soins des animaux, cours d’hippologie, reprises à cheval (ensemble de cavaliers travaillant dans un manège) avec préparation aux trots assis, enlevé, et galop, également( plus tard) préparation aux sauts d’obstacles.

Je précise et c’est important l’état de nos fesses, brûlantes, rougissantes… les seuls remèdes étaient bains de siège dans l’abreuvoir et badigeonnage au mercurochrome !

Tous les jours, nous avions droit à des leçons de langue arabe avec des cours d’informations sur les traditions au Maroc. Egalement d’insupportables conférences ‘’ prophylaxie vénérienne ‘’ avec passage de diapositives sur des sujets ‘’ rongés par les tréponèmes ‘’ du secteur !

Pour une autre mise en forme, épreuves de sport du Challenge de fin d’instruction (le 100 mètres, grimpé de corde, sauts en hauteur et lancé de grenades).
En fait, il y a eu très peu de maniements d’armes, de marches et de servitudes totalement militaires. En ce qui me concerne aucune corvée avilissante, et un seul souvenir : nous étions trois à ranger des ballots de paille. L’Adjudant Chef vient nous trouver : combien êtes vous ?
… trois mon Adjudant … que la moitié descende de ce grenier et me suive !!!
Une fois seulement, une simulation de combat dans la forêt de Temara, entre nous et l’ennemi ! – je ne me souviens plus du résultat.
Je ne sais pour les autres cavaliers, mais en ce qui me concerne je n’étais pas en étroite collaboration avec le maniement d’armes et surtout le pas cadencé.
Ou j’avais les genoux trop levés, ou les pieds en retard… bref pas du tout au point. L’instructeur adjoint avait alors sa puissance de chef et en grande intelligence naturelle, il
faisait reprendre tout le peloton, mettant tout le monde au même niveau devant ma défaillance. Néanmoins, je n’ai jamais été brimé par mes camarades … ils étaient d’une indulgence naturelle.
Dans la vie civile, à la salle de sport – je vais glisser dans le cours ce genre de gymnastique, croyez moi le résultat ne sera pas évident.
De temps en temps, nous allions tirailler sur-le-champ de tir d’El Men Zeh près de l’Aéroport civil de Rabat.
Particulièrement un mercredi 18 juin 1958, un concours avait été organisé avec fusils Mas 36 – FM 24/36 et lancés de grenades.
Véritable commando inquiétant pour l’Aéroport… avec nos tirs mal ajustés en direction d’avions volants à basse altitude.
Bien entendu, nous étions fiers de notre tenue de combat, du casque lourd des grandes manœuvres, du stock de munitions et de cette liberté de tirer sur une cible !
Une séance de 30 minutes de maniements d’armes et d’ordre serré (terme utilisé) a été la grande clôture de cette matinée de tir et plus précisément celle de ma carrière !
- un mois après c’était la libération. !
Ce qui a été retenu, c’est que 14 militaires d’un Service Vétérinaire ont pu se mesurer à de véritables spécialistes du combat et des armes. Il y avait contre nous un groupe de cynophile habitué aux combats en Algérie.
J’étais alors le Chef de groupe chargé de récolter les résultats pour la mise à jour des carnets de tir.
Les participants : B.Chef Lefebvre – Brigadier Piot .
Cavaliers Garo-Surville-Guillaumau-Payen-Leroy-Belin-Didier-Tranchet-Wojïck-Allou-Poitier.

Très rapidement mes préférences et aptitudes pour l’équitation ont été remarquées. Instantanément deux chevaux (Quarante et Beau Prince) m’ont été confiés pour promenades matinales dans la forêt et travail au manège.
Quarante était le cheval préférentiel de l’Adjudant Carmarans pour concours.
En raison de mon poids semblable à l’Adjudant, j’avais l’importante obligation de ‘débourrer’ Quarante dans le manège avec trots enlevés et quelques sauts… sous la direction du Chef de manège le Major Khial. Il avait la chambrière facile, visant plutôt mes côtes …que la croupe du cheval.
Il nous fallait sortir par le poste de police, ce qui n’était pas une mince affaire, ma monture voulait atteindre le manège (sur la droite) au plus vite ! .

Je pense qu’il est temps de rendre un hommage au Maréchal des Logis Chef Joncour.

son texte( Trait d’union édition juin 1956 Temara)

A l’instruction certaines matières sont faciles à enseigner,d’autres le sont moins, les premières sont dites faciles parce que le soldat, en plus de suivre attentivement pousse sa curiosité. Pour la plupart des candidats ces matières se trouvent dans l’armement, le tir, l’instruction tactique et le sport. Sans oublier qu’à Temara anciens comme jeunes sont très satisfaits de savoir qu’au tableau de travail figurent deux ou trois séances de cinéma. Pour les matières appelées – le règlement – qui oblige, interdit certaines coutumes de la vie civile que les jeunes viennent de quitter, il n’est pas toujours facile au moniteur, même en employant toute sa diplomatie de le faire admettre et pourtant il est bien vrai que les textes contenus dans un manuel s’ils sont respectés sont là pour contribuer à la bonne marche et au maintien d’une armée disciplinée tant sur-le-champ de bataille que dans son casernement.

Très franchement, nous avons eu une grande estime pour le Maréchal des Logis Chef Joncour