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A gauche : Beauprince... va sortir
de la stalle pour une promenade.
A droite : Beauprince... travail à la longe.
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En septembre 1956 j’étais
dans un Service Vétérinaire à Temara
au Maroc (41° Groupe Vétérinaire précisément
dans la Kasba).
Appelé du contingent, j’étais en fonction
au Bureau des Effectifs qui avait la gestion des humains
mais aussi des équidés (mise à jour
des livrets militaires pour les humains et de santé
pour les animaux).
Dès le matin, me voici prévenu qu’un
train de marchandises venant de la frontière Algéro-Marocaine
est stationné en gare de Temara. Un wagon spécial
est en attente avec un certain nombre de très jeunes
chevaux récemment achetés pour repeupler nos
écuries.
Bref, une douzaine … d’Arabes-Barbes …
très affolés sont descendus du wagon et dirigés
vers le petit paddock.
Un véritable rodéo de détente permet
d’évaluer ce qui va être une sélection,
mon rôle est de repérer le matricule sur l’un
des sabots, de le consigner sur le carnet (avec un signalement
couleur de la robe, particularités etc…) et
de lui donner un nom (immédiatement).
Le 593306 est le moins vaillant de tous, il est plat comme
un livre, pas de poitrail, une queue bloquée à
l’horizontale… tellement bloquée que
je croyais qu’il avait été anglaisé
!(c’est à dire les muscles abaisseurs neutralisés).
Suivant les avis des Vétérinaires, et de l
‘Adjudant chef, il n’a pas d’avenir dans
nos écuries. Il est même totalement ignoré
!
En plus il fait l’objet d’un très bruyant
cornage (bruit respiratoire) ce qui est un vice rédhibitoire
!
Le 593306, me plait, une robe bai brune, des yeux merveilleux,
une tache blanche en forme de cœur et un liseré
blanc sur le front, une magnifique balzane blanche postérieure
gauche bien dessinée me séduisent.
Je lui donne le nom de Beau Prince !
Il me faut dire que le Vétérinaire Auxiliaire
m’aide et m’aidera encore plus. (aimable, compétent
, humain également ! il s’agit de Georges Coussi
de Lyon).
Le lendemain, le responsable des
écuries (un Sous Officier Marocain, le Major Khial)
me contacte et me dit : voilà, Beau Prince c’est
ton cheval : tu vas t’en occuper chaque jour ! Mes
hommes feront le pansage, l’entretien du box, le nourriront
mais toi tu vas le prendre en charge, le dresser et le monter..
Gros travail de chaque jour, tout était à
faire, le dressage d’un jeune cheval presque sauvage
(il était sorti de son apathie en quelques heures)
est compliqué.
Visite chez le Vétérinaire, avec mise au point
des vaccins (tétanos, rage, sérums d’anti-corps,
vermifuge et dents) régime alimentaire et vitamines.
Puis chez le Maréchal Ferrant (un rendez-vous en
priorité) il n’avait jamais été
ferré.
Le deuxième jour, connaissance avec la mise en place
de l’harnachement et nous amorçons une entente
entre lui et moi avec des claquements de langue et paroles,
jamais de chambrière.
Après 90 jours de travail à la longe en manège,
avec ordres de marches et arrêts, ses muscles se sont
allongés et son allure s’est assouplie. Après
chacun des exercices, il a droit à une pomme (fruits)
ou un peu de sucre, d’ailleurs peu à peu il
présente sa bouche vers ma poche gauche… Il
connaît l’endroit où se trouvent les
friandises.
Beau Prince a commencé à avoir de beaux muscles
puissants, une robe très luisante et il suscite l’étonnement,
puis l’admiration des autres.
Beau Prince, lors de son premier concours sera classé
3°.
Nous ferons de magnifiques promenades dans la forêt
de Temara, à la plage il va adorer patauger dans
l’eau sans jamais craindre les vagues.
En janvier 1958, Beau Prince va
être muté dans une Ecole de Cavalerie d’Agadir.
Je pense qu’en 1960 lors du tremblement de terre…
Il a du rejoindre le ciel précieux du monde des chevaux
!
Je tiens à le dire, mais
vous vous en doutiez :
Il y avait un grand amour entre Beau Prince et moi.
Peut-être est-ce de longues
années après, mais je suis heureux de pouvoir
enfin lui rendre cet hommage.
Merci

LE GRAND LIVRE DES SOUVENIRS
EST OUVERT
3° PRIX de BEAUPRINCE Concours
Hippique de Temara 1957
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